Tuesday, 19 July 2016

Cours d'anglais: débuts et problématique

Par Vio

Quand je suis venue en Inde et à Khajuraho pour la première fois en août 2005, je suis tombée amoureuse des enfants indiens. Dans mon avion de retour, je savais qu'un jour je reviendrais en Inde pour "longtemps", pour travailler avec eux...

De nouveau à Khajuraho en 2008, avec l'aide de Vijay, j'ai essayé de regrouper quelques enfants pour ouvrir une classe d'anglais. Mais à l'époque, je ne connaissais pas assez l'hindi et j'ai senti que cela ne fonctionnerait pas, car j'avais vraiment envie de pouvoir communiquer avec les enfants pour pouvoir faire quelque chose... Au printemps 2009, j'ai donné quelques cours particuliers à des enfants du voisinage pendant leurs vacances d'été. Mais après deux mois j'ai dû rentrer en Europe...

Si cela vous intéresse, vous pouvez lire quelques-uns de mes anciens articles de blog traitant de mon enseignement de l'anglais, écrits en 2008-2009 (en anglais):

  • A taster of teaching English to Indian children? - 1er février 2008
  • Visiting the first school - 5 février 2008
  • School! - 11 Feb. 2008
  • Visiting the second school - 20 février 2008
  • The heat is still bearable; teaching is fun - 21 avril 2009
  • Teaching English to Indian children - 1 juin 2009

  • Et pourtant, enseigner l'anglais aux jeunes Indiens ne quittait jamais mon esprit. C'était juste que la bonne situation ne se présentait pas encore, et puis j'étais également trop occupée avec mes études de violon et de hindi à Varanasi.

    Fautes indiennes et pédagogie

    Plus je commençais à assimiler l'hindi, plus je comprenais pourquoi la plupart des Indiens ont tant de difficultés avec l'orthographe et la grammaire anglaises. L'hindi s'écrit phonétiquement contrairement à l'anglais, donc beaucoup d'Indiens ont du mal à se souvenir de l'orthographe des mots anglais et les épellent phonétiquement. Par exemple "mobail" au lieu de "mobile". De plus, certains mots en hindi peuvent être écrits de plusieurs façons, car leur prononciation est discutable (par exemple "bahan" ou "bahin" pour "soeur"). Cela explique que, généralement, les Indiens ne donnent pas l'importance systématique que les Européens donnent à l'orthographe. Par conséquent, s'ils n'entendent pas la différence de prononciation entre deux mots. Ils confondent leur orthographe et ne pensent pas que l'erreur qu'ils commettent est importante (par exemple, ils confondent "then" et "than" qui sonnent similaires et qu'ils ont du mal à distinguer). Et bien entendu, toutes les erreurs de grammaire qu'ils font proviennent de l'interférence ou la translittération directe avec l'hindi.

    Quand Ravi était encore à l'école, parfois il me demandait de l'aider à faire ses devoirs d'anglais. C'est alors que j'ai compris, avec stupéfaction, que ses livres d'école eux-mêmes étaient remplis d'erreurs! Les leçons de grammaire étaient mal organisées et difficiles à comprendre. Un jour, Ravi est revenu d'un examen d'anglais et m'en a montré le sujet. Je n'en revenais pas. Soit les questions elles-mêmes contenaient des erreurs, soit elles prêtaient à confusion. Comment les élèves pouvaient-ils apprendre une langue, alors que leurs livres contenaient tant d'erreurs et que leurs professeurs ne maîtrisaient même pas la grammaire anglaise?

    J'ai également découvert que tout l'enseignement était basé sur l'apprentissage par coeur plutôt que la compréhension. Par exemple, dans un exercice de compréhension de texte, on demandait aux élèves d'apprendre les réponses-modèles mot pour mot, au lieu de leur apprendre à comprendre le texte, à construire leurs propres phrases et à répondre aux questions avec leurs propres mots. Récemment, une de mes élèves m'a également dit que lors d'une composition écrite, chaque fois que les élèves font des erreurs, l'enseignant ne les corrige pas mais barre tout le texte! C'est triste mais compréhensible quand on sait que les enseignants eux-mêmes ne connaissent pas assez l'anglais pour donner de bonnes explications à leurs élèves... D'ailleurs, de nombreux élèves ici sont battus quand ils ne donnent pas la réponse "exacte", alors ils ont tellement peur de faire des erreurs qu'ils n'essayent pas de construire leurs propres phrases (et de toute façon le professeur ne serait pas forcement capable de les corriger), alors ils préfèrent apprendre les modèles de réponses par coeur... Par conséquent, à moins que les élèves aient une prédisposition à la langue, ils ont beaucoup de vocabulaire mais la grammaire est si peu assimilée qu'ils ne savent pas comment faire des phrases correctes. Ils n'apprennent pas la grammaire systématiquement donc ils construisent des phrases au hasard, et après de nombreuses années leurs esprits sont incrustés avec des vagues notions de grammaire non systématiques qu'ils ne savent pas comment utiliser, mais qui sont très difficiles à désapprendre!

    Collection de matériel

    De retour en Europe en mai 2010, en Écosse, j'ai finalement passé le certificat CELTA de professeur d'anglais accrédité par l'université de Cambridge, que je voulais passer depuis des années... Deux ans plus tard, j'ai également ramené quelques bons livres d'anglais seconde langue, car si je voulais enseigner l'anglais en Inde un jour, il ne serait pas question de me servir de livres indiens locaux...

    Cours d'anglais réguliers à des adolescents indiens

    L'opportunité d'enseigner l'anglais à des jeunes Indiens m'est finalement revenue grâce à mon cousin, qui planifie actuellement le tournage d'un documentaire sur les jeunes à Khajuraho. Pour cela, il a sélectionné dix adolescents garçons et filles, dont quelques-uns ont besoin d'améliorer leur anglais pour le documentaire. Depuis septembre 2015, je donne donc trois cours d'anglais par semaine à cinq adolescents indiens...

    Je suis vraiment heureuse d'utiliser enfin mes livres, les classes se déroulent bien, et je prends beaucoup de plaisir à enseigner et préparer mes cours! Essayer de "réorganiser la grammaire dans le cerveau de mes élèves" est néanmoins un réel défi qui prendra sûrement du temps, mais qui a ravivé ma motivation à enseigner l'anglais à Khajuraho...

    À propos de l'enseignante

    Education linguistique

  • PgDip en Linguistique Développementale, Université d'Edimbourg (Royaume Uni, 2005).
  • CELTA certificat d'enseignement de l'anglais accredité par l'université de Cambridge (RU, 2010).
  • Undergraduate Diploma en hindi, Banaras Hindu University, Varanasi (Inde, 2009-11).

  • Expérience linguistique

  • Langue maternelle: français.
  • A vécu en environnement anglophone pendant 10 ans entre 1996 et 2007 (1 an au Canada, 9 ans au Royaume-Uni).
  • 4 années d'études supérieures dans des universités anglophones: Université de McGill (Montréal, Canada, 1996-97), Université de Leeds (RU, 1998-99) et Université d'Edimbourg (RU, 2003-2005).
  • Écriture de blog en anglais depuis 2000 (le consulter ici).
  • Enseigne l'anglais et l'hindi comme langue étrangère depuis 2009/2011.
  • Travail de traduction régulier pour des petites ONGs depuis 2010: français-anglais, anglais-français, hindi-anglais / français.
  • Thursday, 7 July 2016

    Projet d'école

    Enfants d'un village près de KhajurahoFin septembre, nous prévoyons d'ouvrir une petite école pour les enfants défavorisés du vieux village de Khajuraho. Pour commencer, Vio rassemblera quelques enfants à la maison et leur enseignera l'anglais ainsi que la sensibilité à l'environnement.


  • Anglais - parce que dans les classes d'anglais des écoles locales des élèves passent de classe en classe sans rien apprendre car ils ne comprennent pas ce qu'on leur demande d'apprendre par cœur. Par exemple, on trouve dans le programme d'un élève de 9 ans l'écriture (la mémorisation!) d'une lettre officielle adressée au principal de son école pour lui demander un congé maladie! Les livres de grammaire semblent s'adresser à des enfants qui parlent déjà l'anglais, plutôt qu'à des enfants qui apprennent une nouvelle langue. Les enseignants eux-mêmes maîtrisent mal l'anglais, en particulier la grammaire, et même les livres et les libellés d'examens contienent des erreurs ! Par conséquent, les enseignants ne font que donner des réponses types à leurs élèves qu'ils doivent apprendre par cœur. Un élève peut très bien avoir "appris" l'anglais pendant 12 ans et être incapable de construire une phrase! L'écriture de notre alphabet est souvent mauvaise. (lire Cours d'anglais pour plus d'informations à ce sujet).


  • Sensibilité à l'environnement : car la (non-) gestion des déchets est un grave problème en Inde. Non seulement les habitants ne se rendent pas compte que le fait de jeter ses déchets (surtout le plastique) partout dans la nature est désastreux pour l'environnement, mais en plus la municipalité ne fournit pas les services de collecte adéquates... Les bords des routes, les champs, les lacs et les rivières sont jonchés de toutes sortes de détritus qui, en plus de nuire à l'environnement, gâche un si beau paysage! Juste en face de notre maison, le lac derrière le plus ancien des temples de Khajuraho, le temple de Brahma, est une véritable poubelle, dans laquelle nos voisins pêchent pourtant et font pousser des noix d'eau pour nourrir la communauté. Le jardin du temple Vamana, à seulement 50 mètres de notre maison, sert de décharge pour la population du village. La poubelle que la municipalité a tout de même fourni sur la route du village il y a quelques mois reste vide car nos voisins jettent toujours leurs ordures à coté d"elle plutôt que dedans, que les vaches et les cochons essaient de manger. Mais bien sûr, les vieilles habitudes ont la peau dure, alors nous devons nous adresser aux enfants... (cf. Projet écologique).

  • ~

    À l'avenir, nous souhaitons agrandir l'école et enseigner des matières qui aideront nos élèves à devenir des individus responsables et autonomes, telles que:


  • Musique - car nous savons que l'apprentissage de la musique stimule les capacités cognitives des enfants et les aide à devenir plus confiants, créatifs et indépendants.
  • Yoga & méditation
  • Art & expression de soi

  • Local pour l'école Pour le moment, nous devons restaurer le local de l'école, qui est une maison en terra cotta à quelques mètres de chez nous comprenant trois chambres et une cour. Malheureusement un de ses mûrs s'est récemment écroulé et nous devrons donc le réparer avant de nettoyer et d'aménager le local. Nous prévoyons également de nettoyer son terrain de tous les déchets pour le transformer en jardin.

    À terme, nous aurons donc besoin de:


  • fonds monétaires,
  • papeterie et livres,
  • volontaires et enseignants
  • écologistes et jardiniers
  • etc.

  • Nous espérons vivement impliquer la population locale le plus possible afin de recueillir services et ressources, car nous sommes convaincus que cela rendra notre projet plus durable. Cependant, nous aurons également besoin du soutien et de conseils de bénévoles...

    Si notre projet vous intéresse, voyez comment vous pouvez nous soutenir.