Monday, 26 December 2016

Notre programme de Noël


Nous avons organisé un petit programme pour les élèves de notre école le jour de Noël de 11h à 13h, dans le nouveau lieu bien sûr!

Au programme:
  • Une petite explication de Noël par Vijay
  • Une séance de nettoyage des ordures autour du lieu de l'école tous ensemble
  • Un petit concert de violon par Vio
  • Une dégustation de samosas
A la fin, un de nos élèves, qui prend des cours de violon avec Vio depuis quelques mois, a insisté pour jouer un peu, et Vio a invité les élèves qui voulaient essayer le violon à le faire! Un seul a essayé...

Nous avons passé un très bon moment en cette journée ensoleillée!

Les élèves écoutent l'explication de Vijay Les élèves écoutent l'explication de Vijay

Scéance de nettoyage derrière l'école Scéance de nettoyage derrière l'école

Scéance de nettoyage derrière l'école Scéance de nettoyage derrière l'école

Et voilà le travail, que l'éboueur passera prendre Petit concert de violon par Vio

Pullu au violon

Wednesday, 21 December 2016

Nouveau projet de parrainage: la famille d'Aryan

Cathrine et Aryan; environ 2003Début décembre, nous avons été contactés par une Norvégienne, Cathrine Bergjordet, qui cherchait un contact fiable à Khajuraho pour soutenir la famille d'un chauffeur de vélo-rickshaw, Aryan*, qu'elle connait depuis 14 ans. Aryan vivait dans un petit village près de Khajuraho, il avait 9 enfants et était très pauvre, alors Cathrine avait aidé la famille chaque fois qu'elle venait l'Inde. C'est elle qui avait acheté le rickshaw d'Aryan pour qu'il n'aie plus besoin de le louer, et plus tard elle avait également financé l'entretien du véhicule. Les fils d'Aryan essayaient de téléphoner à Cathrine depuis plus d'un an pour l'informer que leur père était décédé, mais la communication étant trop difficile elle n'avait appris son décès que récemment.

Bien sûr, nous avons accepté d'aider Cathrine à soutenir cette famille. Après quelques jours, nous sommes allés leur rendre visite pour voir qui ils étaient et pour connaître leurs conditions de vie.

La famille d'Aryan en 2005Après cela, nous avons beaucoup discuté avec Cathrine pour comprendre comment elle veut aider la famille et pour parler des enjeux quant-au soutien d'une famille indienne, rurale et peu éduquée. L'essentiel est que Cathrine veut aider la famille de façon durable et constructive, pas seulement en leur envoyant une somme d'argent et en les oubliant par la suite, mais en les soutenant sur une longue période en s'assurant que l'argent qu'elle enverra est utilisé de manière efficace et que les membres de la famille apprennent à se soutenir eux-mêmes. Nous avons l'habitude d'aider les personnes démunies en Inde, et nous savons qu'il est inutile d'essayer d'aider les gens s'ils ne veulent pas s'aider eux-mêmes ou de leur imposer des changements de vie d'un point de vue extérieur sans comprendre leur situation réelle et leurs motivations. Nous devrons donc rester des guides, leur laisser la liberté de proposer ce qu'ils veulent et peuvent faire pour eux-mêmes construire un avenir meilleur, et leur donner les moyens de le faire.

La famille d'Aryan aujourd'huiNous sommes donc allés rendre visite à la famille une première fois pour discuter avec eux des choses dont ils ont le plus besoin, et essayer d'établir la meilleure façon dont nous pouvons les aider. Hier, nous sommes retournés les voir avec Ghita A. Zurini de l'Association Devidine et son assistant social, puisqu'ils aident des gens démunis dans la région depuis des années, et qu'ils pouvaient nous apporter leur point de vue et nous donner de bons conseils.

Nous n'avons pas fini de discuter des meilleures options de soutien avec Cathrine, et nous attendons actuellement son premier transfert d'argent avant de prendre des mesures pour parrainer cette famille, mais pour le moment, voici comment nous avons convenu de procéder:



  • Cathrine va d'abord nous envoyer assez d'argent pour que nous achetions les choses les plus urgentes dont la famille a besoin, telles que l'entretien de la maison ou un vélo, et que nous subvenions à leurs besoins alimentaires pendant un certain temps pour qu'ils n'aient pas à s'en inquiéter et qu'ils puissent réfléchir à ce qu'ils veulent faire.



  • Par la suite, Cathrine enverra une somme mensuelle pour couvrir les dépenses alimentaires, et pour cela nous devrons calculer un budget alimentaire mensuel.



  • La famille ne saura pas combien d'argent Cathrine envoie; elle nous l'enverra à nous, et nous gèrerons les dépenses et les comptes.



  • Roshni*, la fille aînée d'Aryan, avait commencé un cours de couture, mais elle a dû arrêter après quelques mois lorsque son père est mort, nous réinscrirons au cours, paierons ses allers-retours en rickshaw et lui acheterons une machine à coudre pour qu'elle puisse pratiquer à la maison.



  • Nous devons scolariser les plus jeunes enfants dès la prochaine rentrée scolaire en juillet 2017.



  • Cathrine, aidée de ses amis et de sa famille, s'engage à soutenir la famille aussi longtemps qu'il le faudra, que ce soit 1 ou 5 ans, mais il faut que la famille apprenne à être autosuffisante.



  • Nous recevrons une indemnité mensuelle de 5000 roupies pour tout le travail que nous ferons pour soutenir la famille.


  • En savoir plus sur ce parrainage sur le blog de l'association Ganpati.

    *Leurs noms ont été modifiés pour protéger leur identité.

    Monday, 12 December 2016

    Un local pour notre école!

    Nous avons finalement trouvé un local pour notre école! Il s'agit d'une petite maison en terre cuite dans le vieux village, juste derrière notre maison. On en a une très belle vue de notre toit, d'ailleurs! Il y a deux grandes pièces, une petite pièce, une jolie cour et des toilettes. Nous sommes très heureux de l'avoir trouvé! Le loyer est de 400 roupies par mois, ce qui fait juste 5,50 €. Pour l'instant le local est vide. Nous nous contentons d'un vieux charpoy (lit en sommier tressé) sur lequel la prof (Vio) s'assoit et pose le petit tableau, ainsi que des banderoles et un vieux carton en guise de tapis sur lesquels les élèves s'asseoient! Nous amménagerons notre nouveau lieu prochainement...

    Quelques photos...
    Porte d'entrée La salle de classe (le trou a été rebouché depuis qu'on a pris la photo!) La jolie cour La jolie cour Les toilettes Les toilettes La deuxième grande pièce, et le charpoy Vue du local de notre toit La petite rue à gauche de la porte d'entrée, et du travail de nettoyage!

    Monday, 28 November 2016

    L'Association Devidine & un petit concert de violon à Kundarpura

    Ghita Antonella Zurini; photo par Ulrike ReinhardAu début du mois, nous avons rencontré pour la première fois Ghita Antonella Zurini de l'Association Devidine. Vio était tombée sur le site de l'association en faisant des recherches sur Internet il ya quelques mois, alors que nous commençions à réfléchir à notre projet socio-éducatif. Elle était stupéfaite de n'en avoir jamais entendu parler avant!

    L'Association Devidine est une association franco-italienne visant à aider les populations les plus démunies, principalement dans le village adivasi de Kundarpura, à environ 10 km de Khajuraho. Les adivasis sont un peuple particulièrement intéressant car ils forment une tribu considérée comme la population aborigène de l'Asie du Sud. Leurs croyances sont généralement différentes de la religion védique historique, avec l'absence du culte de l'idole et du concept de réincarnation, et surtout ils ne suivent pas le système de castes. À Kundarpura, l'association Devidine a travaillé intensément pour lutter contre la malnutrition infantile, elle a acquis un terrain de 9000 m2 sur lequel elle a construit un centre éducatif, et travaille également pour la protection des femmes.

    Il est inutile de préciser que nous étions ravis de rencontrer Ghita! Pour Vio, non seulement elle est une mine d'or d'informations sur le travail associatif et social à Khajuraho, mais elle est également devenue une excellent compagnie!

    Vio & Indrajeet Dixit with the adivasi childrenLe 27 novembre, Vio était invitée à rendre visite au centre éducatif de Kundarpura pour jouer du violon aux enfants. Elle a accompagné l'enseignant Indrajeet Dixit à l'harmonium, et elle a joué quelques-unes des chansons folkloriques Bundeli qu'elle avait apprises avec le professeur de musique local Trivedi. Les enfants jubilaient de voir et d'entendre un violon pour la toute première fois, et certains d'entre eux étaient réellement captivés.





    Nous espérons vivement travailler d'avantage avec Ghita et joindre nos efforts avec l'Association Devidine à l'avenir...

    Sunday, 27 November 2016

    Déjà des donations!

    Il est à noter que bien que notre campagne de crowdfunding (financement participatif) n'aie pas encore été lancée, nous avons déjà reçu des dons!
    • Deux hôtes français qui sont venus venus passer quelques jours chez nous en octobre étaient très enthousiastes quand nous leur avons parlé de notre projet, et ils nous ont donc fait une donation de 3500 roupies! Nous avons commencé à dépenser cet argent pour des photocopies et d'autres articles de papeterie pour les cours d'anglais...
    • Grâce à la démonetisation de Modi (!!!) des amis nous ont envoyé leurs vieux billets d'Europe pour que nous les encaissions sur nos comptes et leur rendions l'argent en nouveaux billets plus tard. Parmi ces amis, Olivier de Belgique, qui sponsorise Pappu et Preeti, nous a fait don de 3000 roupies pour le projet.
    Cela fait déjà 6500 roupies que nous pouvons dépenser pour notre projet, et nous sommes vraiment très reconnaissants!

    Sunday, 13 November 2016

    Une vidéo de crowdfunding pour notre projet!

    Olivier Grinnaert et son équipe avec les ados de Khajuraho!
    Hier matin, avec nos élèves, nous avons tourné une petite vidéo pour notre campagne de crowdfunding (financement participatif)!

    Le cousin de Vio, Olivier Grinnaert, était à Khajuraho pendant trois semaines jusqu'à hier soir pour tourner la première partie de son documentaire sur les adolescents de Khajuraho (entre autres!), avec une petit équipe dont Apurva Shah de l'association indienne Bewajah, basée à Lucknow.

    L'équipe nous a gentiment consacré 3 heures de leur temps avant leur départ à Delhi, et nous avons tous eu beaucoup de plaisir pendant le tournage. C'était également une expérience éducative très intéressante pour nos jeunes élèves.

    Olivier nous a promis qu'il éditerait la vidéo après les vacances de Noël, et nous espérons donc pouvoir lancer notre campagne de crowdfunding pour fin janvier...

    [Edition tardive: Si vous souhaitez en savoir plus sur Olivier et son magnifique projet de documentaire, veuillez consulter sa propre campagne de crowdfunding CHICON TANDOORI!]

    Tuesday, 11 October 2016

    Premières classes & rédaction d'une campagne de crowdfunding!

    La saison touristique a recommencé et nous sommes heureux d'accueillir des gens sympathiques venant de tous pays dans notre maison d'hôtes!

    Nous sommes très occupés car en parallèle, nous avons également commencé les travaux d'ouverture de notre nouvelle école! Il y a quelques semaines, nous sommes allés rencontrer des enfants du quartier que nous savions intéressés (l'un d'entre eux était le gamin de 4 ans à qui Vio donnait des cours en 2009!) pour les informer de l'ouverture de notre cours d'anglais et de sensibilisation à l'environnement. Tout le monde connaît Vio depuis longtemps, donc nous pensons qu'il ne faudra pas longtemps pour trouver plus d'enfants. Certains de ceux que nous avons trouvés nous ont déjà dit qu'ils ammèneraient quelques copains la prochaine fois...

    Première classe dans l'entrée de notre maison!Et donc les classes ont "officiellement" commencé le 26 septembre! Seulement  des cours d'anglais pour le moment. La mousson a été terrible pour notre la maison en terra cotta qui aurait pu nous servir de local, alors elle ressemble maintenant à une jungle, et cela nous coûterait beaucoup trop cher pour la remettre en état! Nous avons donc commencé les cours à la maison, parfois dans l'entrée qui nous sert normalement de garage pour la moto, parfois dans une chambre d'hôtes non louée! Pour l'instant, nous avons eu jusqu'à 16 élèves, mais ce ne sont pas toujours les mêmes qui viennent, et certains viennent de temps en temps mais pas tout le temps, quand ça leur chante! Eh oui, c'est l'Inde et il faudra probablement un certain temps pour avoir une classe, disons "stable", et l'enseignement reste est un peu expérimental pour l'instant...

    Classe dans une de nos chambres d'hôtesPour garder à l'esprit notre partenariat avec des élèves français, nous n'acceptons que des élèves d'un niveau approximativement équivalent à une classe de sixième française. Être trop strict à ce sujet serait impossible, car ici l'âge des enfants ne correspond pas nécessairement à un niveau à l'école. Certains enfants commencent l'école tard parce que leurs parents attachent peu d'importance à l'éducation ou parce qu'ils étaient trop pauvres pour les envoyer à l'école avant. Beaucoup de familles et par conséquent les enfants ne prennent pas l'éducation aussi sérieusement qu'en Occident, et ils manquent l'école pour beaucoup plus d'excuses qu'on oserait en Europe. Au final, certains enfants commencent l'école tôt tandis que d'autres commencent tard. Oh, et comme nous l'avons expliqué avant, progresser à l'école ne signifie pas nécessairement progresser en anglais.

    En gros, nous avons donc admis nos élèves sur la base suivante:

    • Un "niveau approximatif d'anglais" : l'élève doit lire et écrire l'alphabet anglais assez couramment, même s'il ne comprend pas ce qu'il ou elle lit et écrit.
    • Âge: nous avons accepté des enfants de 10 à 16 ans, en fonction de leur motivation et de leur niveau d'anglais.
    • Classe dans l'école officielle: nous avons accepté des enfants dont les niveaux varient entre 4ème et 10ème classe! Par exemple, un de nos élèves a commencé l'école tard, donc il a 11 ans et est seulement en classe 4, mais il écrit bien l'anglais. Une autre est en classe 10, mais son niveau d'anglais est semblable à celui de l'élève précédent.
    • Les élèves habitent dans le vieux village de Khajuraho, ou dans un autre village s'ils (ou leurs parents) ont insisté pour venir à notre école. Nous n'acceptons pas les enfants qui viennent du centre-ville de Khajuraho, car ils ont généralement accès à une meilleure éducation.

    Avec l'ouverture de l'école (ou devrions-nous seulement l'appeler "classe" pour l'instant!) nous rédigeons actuellement une campagne de crowdfunding (financement participatif) pour recueillir des fonds...

    Wednesday, 5 October 2016

    Des nouvelles du lac après un long moment

    De l'herbe envahissante sur le lac...Cela fait longtemps que nous n'avons pas donné de nouvelles de notre promesse écologique car, comme certains d'entre vous le savent, nous avons eu un bébé entre temps!

    Les mois de mai et juin étaient très chauds cette année, et en juillet le lac était complètement sec... Heureusement la mousson était meilleure que l'année dernière, et les eaux sont montées rapidement - à notre plus grande joie! La saison chaude peut être vraiment déprimante quand tout est jaune et sec et les sols craquent! Revoir de l'eau et de la verdure enfin, c'est toujours un peu comme respirer à nouveau...

    Avec les nouvelles eaux, beaucoup d'herbe envahissante a poussé sur le lac, couvrant presque toute sa surface... Mais aujourd'hui nous avons une bonne nouvelle: hier, des travailleurs municipaux sont venus nettoyer l'herbe du lac... Et par la même occasion, ils ont enlevé aussi quelques ordures.

    Et ainsi, à nouveau nous profitons d'un lac clair et limpide...

    Nettoyage... Nettoyage... Nettoyage... Nettoyage... Nettoyage... Une partie de l'herbe recueillie a été mangée par des ânes; le reste a été brûlé C'est beau! Un lac clair et limpide...

    Saturday, 10 September 2016

    Un partenariat avec des élèves français

    Présentation à l'Institut St Charles de Vienne le 1e septembre 2016Le 1e septembre pendant son séjour en France cet été, Vio était invitée par la professeur d'histoire-géographie et d'instruction civique de l'Institution St Charles de Vienne, Mme Maire, pour parler de notre projet d'école à sa classe de sixième. Comme c'était le jour de la rentrée scolaire, certains parents étaient présents en plus des élèves. Vio a organisé une petite présentation pour parler de Khajuraho, des coutumes et du mode de vie en Inde, de l'éducation en Inde rurale, des problèmes liés à l'environnement, etc. Elle a montré des photos du vieux village de Khajuraho et du local potentiel pour notre école.

    L'idée de Mme Maire est d'organiser un partenariat entre ses élèves et ceux de notre future école, car elle doit travailler cette année avec ses élèves autour du thème de la solidarité. Notre objectif est d'enseigner nos sujets en parallèle, invitant les Indiens et les Français à échanger sur leurs habitudes de vie, leurs pays, leurs coutumes, etc., afin de prendre des leçons les uns des autres et d'élargir leur vision du monde. Certains des élèves français, ainsi que leurs parents, se sont montrés très intéressés par ce projet et ont bombardé Vio de questions! Ce partenariat est déjà officiellement validé par le principal de l'institution française.

    Nous sommes convaincus que le fait de communiquer avec des enfants d'un autre pays rendra nos classes plus personnelles, plus intéressantes, et que nos élèves seront par conséquent plus disposés à s'engager et à apprendre. Les enfants de Khajuraho n'ont guère de connaissances sur la vie en dehors de l'Inde et certains même en dehors de Khajuraho, alors ce partenariat sera une occasion pour eux d'apprendre et de grandir.

    Bien que notre école n'existait pas encore au moment de la présentation en France, ce partenariat nous incite d'avantage à nous engager à la fonder depuis que Vio est rentrée de France!

    Vio et Mme Maire pendant la présentation Les élèves de la classe de sixième, et quelques parents Les élèves de la classe de sixième Mme Maire et ses élèves

    Tuesday, 19 July 2016

    Cours d'anglais: débuts et problématique

    Par Vio

    Quand je suis venue en Inde et à Khajuraho pour la première fois en août 2005, je suis tombée amoureuse des enfants indiens. Dans mon avion de retour, je savais qu'un jour je reviendrais en Inde pour "longtemps", pour travailler avec eux...

    De nouveau à Khajuraho en 2008, avec l'aide de Vijay, j'ai essayé de regrouper quelques enfants pour ouvrir une classe d'anglais. Mais à l'époque, je ne connaissais pas assez l'hindi et j'ai senti que cela ne fonctionnerait pas, car j'avais vraiment envie de pouvoir communiquer avec les enfants pour pouvoir faire quelque chose... Au printemps 2009, j'ai donné quelques cours particuliers à des enfants du voisinage pendant leurs vacances d'été. Mais après deux mois j'ai dû rentrer en Europe...

    Si cela vous intéresse, vous pouvez lire quelques-uns de mes anciens articles de blog traitant de mon enseignement de l'anglais, écrits en 2008-2009 (en anglais):

  • A taster of teaching English to Indian children? - 1er février 2008
  • Visiting the first school - 5 février 2008
  • School! - 11 Feb. 2008
  • Visiting the second school - 20 février 2008
  • The heat is still bearable; teaching is fun - 21 avril 2009
  • Teaching English to Indian children - 1 juin 2009

  • Et pourtant, enseigner l'anglais aux jeunes Indiens ne quittait jamais mon esprit. C'était juste que la bonne situation ne se présentait pas encore, et puis j'étais également trop occupée avec mes études de violon et de hindi à Varanasi.

    Fautes indiennes et pédagogie

    Plus je commençais à assimiler l'hindi, plus je comprenais pourquoi la plupart des Indiens ont tant de difficultés avec l'orthographe et la grammaire anglaises. L'hindi s'écrit phonétiquement contrairement à l'anglais, donc beaucoup d'Indiens ont du mal à se souvenir de l'orthographe des mots anglais et les épellent phonétiquement. Par exemple "mobail" au lieu de "mobile". De plus, certains mots en hindi peuvent être écrits de plusieurs façons, car leur prononciation est discutable (par exemple "bahan" ou "bahin" pour "soeur"). Cela explique que, généralement, les Indiens ne donnent pas l'importance systématique que les Européens donnent à l'orthographe. Par conséquent, s'ils n'entendent pas la différence de prononciation entre deux mots. Ils confondent leur orthographe et ne pensent pas que l'erreur qu'ils commettent est importante (par exemple, ils confondent "then" et "than" qui sonnent similaires et qu'ils ont du mal à distinguer). Et bien entendu, toutes les erreurs de grammaire qu'ils font proviennent de l'interférence ou la translittération directe avec l'hindi.

    Quand Ravi était encore à l'école, parfois il me demandait de l'aider à faire ses devoirs d'anglais. C'est alors que j'ai compris, avec stupéfaction, que ses livres d'école eux-mêmes étaient remplis d'erreurs! Les leçons de grammaire étaient mal organisées et difficiles à comprendre. Un jour, Ravi est revenu d'un examen d'anglais et m'en a montré le sujet. Je n'en revenais pas. Soit les questions elles-mêmes contenaient des erreurs, soit elles prêtaient à confusion. Comment les élèves pouvaient-ils apprendre une langue, alors que leurs livres contenaient tant d'erreurs et que leurs professeurs ne maîtrisaient même pas la grammaire anglaise?

    J'ai également découvert que tout l'enseignement était basé sur l'apprentissage par coeur plutôt que la compréhension. Par exemple, dans un exercice de compréhension de texte, on demandait aux élèves d'apprendre les réponses-modèles mot pour mot, au lieu de leur apprendre à comprendre le texte, à construire leurs propres phrases et à répondre aux questions avec leurs propres mots. Récemment, une de mes élèves m'a également dit que lors d'une composition écrite, chaque fois que les élèves font des erreurs, l'enseignant ne les corrige pas mais barre tout le texte! C'est triste mais compréhensible quand on sait que les enseignants eux-mêmes ne connaissent pas assez l'anglais pour donner de bonnes explications à leurs élèves... D'ailleurs, de nombreux élèves ici sont battus quand ils ne donnent pas la réponse "exacte", alors ils ont tellement peur de faire des erreurs qu'ils n'essayent pas de construire leurs propres phrases (et de toute façon le professeur ne serait pas forcement capable de les corriger), alors ils préfèrent apprendre les modèles de réponses par coeur... Par conséquent, à moins que les élèves aient une prédisposition à la langue, ils ont beaucoup de vocabulaire mais la grammaire est si peu assimilée qu'ils ne savent pas comment faire des phrases correctes. Ils n'apprennent pas la grammaire systématiquement donc ils construisent des phrases au hasard, et après de nombreuses années leurs esprits sont incrustés avec des vagues notions de grammaire non systématiques qu'ils ne savent pas comment utiliser, mais qui sont très difficiles à désapprendre!

    Collection de matériel

    De retour en Europe en mai 2010, en Écosse, j'ai finalement passé le certificat CELTA de professeur d'anglais accrédité par l'université de Cambridge, que je voulais passer depuis des années... Deux ans plus tard, j'ai également ramené quelques bons livres d'anglais seconde langue, car si je voulais enseigner l'anglais en Inde un jour, il ne serait pas question de me servir de livres indiens locaux...

    Cours d'anglais réguliers à des adolescents indiens

    L'opportunité d'enseigner l'anglais à des jeunes Indiens m'est finalement revenue grâce à mon cousin, qui planifie actuellement le tournage d'un documentaire sur les jeunes à Khajuraho. Pour cela, il a sélectionné dix adolescents garçons et filles, dont quelques-uns ont besoin d'améliorer leur anglais pour le documentaire. Depuis septembre 2015, je donne donc trois cours d'anglais par semaine à cinq adolescents indiens...

    Je suis vraiment heureuse d'utiliser enfin mes livres, les classes se déroulent bien, et je prends beaucoup de plaisir à enseigner et préparer mes cours! Essayer de "réorganiser la grammaire dans le cerveau de mes élèves" est néanmoins un réel défi qui prendra sûrement du temps, mais qui a ravivé ma motivation à enseigner l'anglais à Khajuraho...

    À propos de l'enseignante

    Education linguistique

  • PgDip en Linguistique Développementale, Université d'Edimbourg (Royaume Uni, 2005).
  • CELTA certificat d'enseignement de l'anglais accredité par l'université de Cambridge (RU, 2010).
  • Undergraduate Diploma en hindi, Banaras Hindu University, Varanasi (Inde, 2009-11).

  • Expérience linguistique

  • Langue maternelle: français.
  • A vécu en environnement anglophone pendant 10 ans entre 1996 et 2007 (1 an au Canada, 9 ans au Royaume-Uni).
  • 4 années d'études supérieures dans des universités anglophones: Université de McGill (Montréal, Canada, 1996-97), Université de Leeds (RU, 1998-99) et Université d'Edimbourg (RU, 2003-2005).
  • Écriture de blog en anglais depuis 2000 (le consulter ici).
  • Enseigne l'anglais et l'hindi comme langue étrangère depuis 2009/2011.
  • Travail de traduction régulier pour des petites ONGs depuis 2010: français-anglais, anglais-français, hindi-anglais / français.